Publicité dans ChatGPT : ce que ça change pour vos équipes et vos données
Depuis le 9 février, OpenAI teste la publicité dans ChatGPT aux États-Unis, sur les offres gratuite et Go. Pourquoi ça concerne aussi une PME française.
Annoncée par OpenAI en janvier, la publicité est arrivée pour de bon dans ChatGPT le 9 février. Le test est limité aux États-Unis et aux offres gratuite et Go, la moins chère des formules payantes. Il ne touche donc pas directement vos équipes en France aujourd'hui. Mais il pose une question que toute PME devrait trancher : avec quel outil, et sous quel contrat, vos salariés confient-ils leurs questions de travail à une IA ?
Ce qui a été annoncé
Selon les informations publiées par OpenAI et reprises par la presse :
- Qui voit les publicités : une partie des utilisateurs adultes connectés aux États-Unis, sur les offres gratuite et Go. Les offres Plus, Pro, Business, Enterprise et Éducation n'en affichent pas.
- Où : sous la réponse de ChatGPT, dans un encart séparé et signalé comme sponsorisé.
- Comment c'est ciblé : selon le sujet de la conversation en cours, les conversations passées et les interactions précédentes avec les publicités. Une recherche de recette peut ainsi faire apparaître une offre de livraison de courses.
- Les exclusions : pas de publicité pour les mineurs, ni à côté de sujets sensibles comme la santé, la santé mentale ou la politique.
- Les promesses : OpenAI affirme que la publicité n'influence pas les réponses et que les annonceurs ne reçoivent ni les conversations, ni l'historique, ni la mémoire, seulement des statistiques agrégées (vues, clics). Les utilisateurs peuvent masquer une publicité, voir pourquoi elle s'affiche et gérer la personnalisation.
La veille, Anthropic avait diffusé pendant le Super Bowl des spots moquant la publicité dans les assistants IA, avec une conclusion sans ambiguïté : la publicité arrive dans l'IA, mais pas dans Claude. Le ton entre les deux entreprises s'est durci, comme le rapporte Euronews.
Pourquoi une PME française est concernée
Le modèle économique change la nature de l'outil
Un assistant financé par la publicité a intérêt à vous connaître pour mieux cibler. Même si les conversations ne sont pas transmises aux annonceurs, elles servent à choisir les publicités. C'est la logique des moteurs de recherche et des réseaux sociaux, appliquée à un outil à qui l'on confie beaucoup plus : des brouillons de contrats, des chiffres, des noms de clients.
L'usage « perso » au travail est la règle, pas l'exception
Dans beaucoup d'entreprises, une partie des salariés utilise un compte gratuit, ouvert avec leur adresse personnelle, pour des tâches professionnelles. C'est ce qu'on appelle l'IA fantôme. Elle n'est pas un signe de mauvaise volonté : elle montre que l'outil rend service et que l'entreprise n'en a pas encore proposé d'officiel. Ces comptes sont exactement ceux qui, demain, seront financés par la publicité si le test s'étend. Et l'entreprise n'a aucune prise sur ce qui y est saisi.
Les offres payantes ne sont pas toutes égales
La formule Go, payante mais d'entrée de gamme, fait partie du test. Payer ne suffit donc pas à garantir l'absence de publicité : c'est le type d'offre qui compte. Les formules destinées aux entreprises (Business, Enterprise) en sont exclues, et ce sont aussi celles qui donnent à l'employeur un contrat, une administration des comptes et des engagements sur l'usage des données. Un salarié qui s'abonne de sa poche à une formule individuelle, même payante, reste hors de ce cadre.
Le test d'aujourd'hui est rarement le produit de demain
OpenAI parle d'un test. Rien n'indique pour l'instant quand ni comment il s'étendra à l'Europe, où le RGPD et le règlement sur les services numériques encadrent strictement le ciblage. Mais décider maintenant évite de subir plus tard.
Ce qu'on conseille de faire
- Faire un état des lieux honnête : quels outils d'IA vos équipes utilisent-elles vraiment, avec quels comptes ? Une question posée en réunion, sans sanction, en apprend beaucoup.
- Fournir un outil officiel. Si l'IA est utile à vos équipes, et elle l'est souvent, mieux vaut un abonnement entreprise, sous contrat, que des comptes gratuits dispersés. Les offres professionnelles des grands éditeurs n'affichent pas de publicité et prévoient des engagements sur l'usage des données.
- Fixer une règle sur les données : ce qu'on peut saisir dans un assistant grand public, et ce qu'on ne saisit jamais (données clients nominatives, données de santé, chiffres non publiés).
- Former. Une demi-journée suffit pour que chacun sache ce que l'outil fait bien, ce qu'il fait mal et ce qu'il ne faut pas lui confier. C'est ce que nous proposons avec notre formation des équipes.
Pour les usages les plus sensibles, il existe une autre voie : un assistant IA sur vos documents, hébergé en France ou chez vous, sans publicité ni compte grand public, qui cite ses sources. On en parle lors d'un rendez-vous de 30 minutes.
À relire sur le même sujet : Publicité dans ChatGPT : ce qu'annonce OpenAI, et ce que ça change en entreprise.