Gemma 4 passe en licence Apache 2.0 : une bonne nouvelle pour l'IA locale
Google a publié le 2 avril ses modèles ouverts Gemma 4, sous une licence libre classique. Ce que ça change pour une PME qui veut une IA installée chez elle.
Le 2 avril 2026, Google a publié Gemma 4, la quatrième génération de ses modèles d'IA « ouverts », c'est-à-dire des modèles dont les poids sont téléchargeables et qu'on peut faire tourner sur sa propre machine. La nouveauté la plus importante n'est pas technique, elle est juridique : Gemma 4 sort sous licence Apache 2.0, une licence libre standard que les juristes connaissent bien. Pour une entreprise qui veut une IA installée chez elle, c'est un vrai changement. Explications.
Ce que Google a annoncé
D'après le blog de Google, Gemma 4 se décline en quatre modèles :
- deux petits modèles, appelés E2B et E4B, conçus pour fonctionner hors ligne sur un téléphone, un Raspberry Pi ou une carte embarquée ;
- un modèle de 26 milliards de paramètres à « mélange d'experts », qui n'en active qu'environ 3,8 milliards à chaque réponse, ce qui le rend rapide ;
- un modèle dense de 31 milliards de paramètres, dont la version non compressée tient sur une seule carte graphique de 80 Go, et dont les versions compressées tournent sur des cartes graphiques grand public.
Tous lisent des images et des vidéos, les deux petits comprennent aussi l'audio. Google annonce un entraînement sur plus de 140 langues, une mémoire de travail (le « contexte ») de 128 000 éléments de texte pour les petits modèles et jusqu'à 256 000 pour les grands, et des fonctions utiles pour bâtir des agents : appel d'outils, sorties structurées, consignes système.
Sur son blog open source, Google souligne que c'est la première fois qu'un modèle de la famille Gemma sort sous une licence approuvée par l'Open Source Initiative, et rappelle que les précédents Gemma ont été téléchargés plus de 400 millions de fois.
Pourquoi la licence compte autant que le modèle
Jusqu'ici, Gemma était distribué sous des conditions d'utilisation propres à Google. Elles autorisaient l'usage commercial, mais avec des règles spécifiques qu'il fallait lire, interpréter et faire valider. Pour un dirigeant de PME, c'est le genre de point qui bloque un projet pendant des semaines : « a-t-on le droit de l'utiliser pour nos clients ? », « que se passe-t-il si les conditions changent ? ».
Apache 2.0 est une licence connue depuis vingt ans, utilisée par des milliers de logiciels d'entreprise. Elle permet l'usage commercial, la modification et la redistribution, avec des obligations simples et stables. Concrètement, un modèle Gemma 4 installé sur votre serveur vous appartient au sens pratique : personne ne peut vous le retirer, ni changer les règles du jeu après coup.
Ce que ça change pour une PME
Des modèles utiles sur du matériel raisonnable
La tendance se confirme : les modèles ouverts de taille moyenne font très bien la plupart des tâches de bureau. Rédiger, résumer, extraire des informations d'un document, classer des e-mails, répondre à partir d'une base documentaire : il n'est pas nécessaire d'avoir un centre de données pour ça. Un modèle qui tient sur une carte graphique, c'est un serveur qui tient dans un local technique.
Des données qui restent sous votre contrôle
Quand le modèle tourne chez vous, aucune donnée ne part chez un fournisseur d'IA. Pour un cabinet comptable, un cabinet d'avocats, un bureau d'études ou un service RH, c'est souvent la condition pour utiliser l'IA sur les vrais dossiers, et pas seulement sur des exemples anonymisés.
Un coût prévisible
Un modèle local ne se facture pas à la question posée. Le coût est celui du matériel, de l'installation et de la maintenance. Mille requêtes ou dix mille ne changent pas la facture.
Ce qu'il ne faut pas en conclure
Un modèle ouvert n'est pas un produit fini. Entre le fichier téléchargé et un assistant que vos équipes utilisent tous les jours, il reste du travail : choisir la bonne taille, le serveur, le brancher sur vos documents avec des droits d'accès, mesurer la qualité des réponses sur vos cas réels, assurer les mises à jour. Et les meilleurs modèles commerciaux gardent de l'avance sur les tâches de raisonnement les plus complexes. La bonne question n'est pas « quel est le meilleur modèle ? » mais « quel modèle suffit pour cette tâche, sur ces données ? ».
Autre point : les annonces de performances sont celles de Google. Avant d'adopter un modèle, on le teste sur vos propres documents.
Ce que nous conseillons
- Si vous avez renoncé à l'IA parce que vos données sont sensibles, regardez à nouveau : l'offre de modèles ouverts sérieux s'élargit, et la licence de Gemma 4 lève un frein juridique.
- Commencez par une tâche précise et vérifiable, pas par « une IA pour tout ».
- Exigez de pouvoir changer de modèle sans tout refaire : les sorties se succèdent tous les quelques mois.
C'est l'approche de notre offre d'IA locale : nous installons chez vous un serveur, matériel compris, en trois tailles (un poste, une équipe de 5 à 10 personnes, jusqu'à 50 personnes), avec des modèles comme Mistral, gpt-oss ou Gemma, et un assistant qui répond sur vos documents en citant ses sources. Les prix « à partir de » sont sur la page Tarifs.