Coulisses : un échiquier en réalité augmentée pour un salon
Un joueur détouré en temps réel et incrusté sur l'échiquier, à la vue de tout le stand. Les coulisses d'un projet de réalité augmentée pensé pour un salon.
La semaine dernière, nous racontions notre jeu de salon où l'on répond à un quiz en lançant une balle sur un écran. Voici l'autre projet de salon dont on nous parle le plus : des échecs en réalité augmentée. Le joueur est filmé, détouré en temps réel, c'est-à-dire séparé de l'arrière-plan à la volée, puis incrusté sur l'échiquier affiché à l'écran, comme s'il se tenait au milieu des pièces. L'effet est spectaculaire, et c'est justement pour cela qu'il faut le concevoir avec méthode : sur un stand, une démonstration qui rate se voit autant qu'une démonstration qui réussit.
L'idée
Les échecs ont deux qualités pour un salon. Tout le monde en connaît les pièces, même sans savoir jouer, et une partie attire naturellement des spectateurs. L'idée était de transformer le joueur en acteur visible de loin : sur grand écran, il apparaît en situation sur l'échiquier, au milieu de ses pièces. Les passants voient d'abord l'écran, puis la personne, puis le stand.
La réalité augmentée consiste à mélanger, en direct, l'image réelle filmée par une caméra et des éléments créés par ordinateur. Ici, l'élément réel est le joueur, et l'élément virtuel est le décor : l'échiquier et ses pièces.
Ce qui est difficile
Détourer une personne en temps réel
Séparer une silhouette de son arrière-plan sur une photo est devenu banal. Le faire en continu, sur une vidéo, sans décalage visible et sans que les bords de la silhouette « bavent », c'est autre chose. Un cheveu, une manche ample, un geste rapide, un spectateur qui passe derrière : chaque cas doit être traité, et l'image doit suivre le mouvement sans retard perceptible. Un décalage de quelques dixièmes de seconde suffit à casser l'illusion.
Composer une image crédible
Incruster la personne ne suffit pas. Il faut que sa taille, sa position et sa lumière soient cohérentes avec l'échiquier virtuel, sinon l'œil voit immédiatement le montage. C'est autant un travail de mise en scène que de programmation.
Le salon, encore
On retrouve les contraintes de tous nos projets d'événementiel : une lumière qui change selon l'heure et le hall, un arrière-plan qu'on ne maîtrise pas (allées, visiteurs, stands voisins), pas de réseau fiable, des journées entières sans interruption, un montage rapide. Le dispositif doit fonctionner de façon autonome, sur du matériel transportable, et se relancer sans intervention si quelque chose coince.
Le public, enfin
Un dispositif de salon est utilisé par des personnes qui ne l'ont jamais vu, pendant quelques secondes, souvent en groupe. Il faut prévoir l'enfant qui passe devant la caméra, les deux amis qui veulent jouer ensemble, la personne qui ne veut pas être filmée. Ce dernier cas compte : l'image d'un visiteur est une donnée personnelle, et on ne l'enregistre pas sans son accord.
Notre méthode
- Clarifier l'objectif du stand. Attirer du monde, créer des images que les visiteurs partagent, amorcer des conversations ? La réponse change la mise en scène.
- Prototyper la partie risquée d'abord. Sur ce projet, c'était le détourage en temps réel dans des conditions réalistes. Tant qu'il n'est pas convaincant, rien d'autre ne compte.
- Fixer le prix ensuite. Comme pour tous nos projets sur mesure, le prototype lève les incertitudes avant qu'on s'engage sur un prix. Vous ne payez pas une promesse.
- Tester dans des conditions de salon : lumière forte, arrière-plan chargé, passages fréquents, longue durée.
- Préparer l'exploitation : un mode d'emploi pour l'équipe du stand, un redémarrage simple, du matériel de secours pour les pièces fragiles.
Ce que ce projet nous a appris
Le premier enseignement, c'est que la technique doit disparaître. Le visiteur ne doit jamais se demander comment ça marche, ni attendre que ça marche. S'il faut lui expliquer où se placer pendant deux minutes, l'effet est raté. Le dispositif doit guider naturellement, par un marquage au sol, un cadre lumineux ou une consigne à l'écran.
Le deuxième, c'est que le spectaculaire doit servir le stand. Une animation qui attire la foule mais éloigne l'équipe de ses visiteurs n'a rempli qu'une partie de son rôle. Sur ce projet comme sur le jeu de balle, nous avons pensé l'emplacement de l'écran et du joueur pour que l'équipe de l'exposant reste au contact des personnes qui regardent.
Le troisième, c'est que la réutilisation compte. Un dispositif conçu pour un salon peut servir à d'autres événements, à une journée portes ouvertes, à un showroom. Prévoir cette réutilisation dès la conception change peu de choses au départ et beaucoup sur la durée.
Les questions à se poser
- Qu'est-ce qui, dans votre métier, pourrait devenir un geste ou une image forte sur un stand ?
- Quelle place au sol et quelle hauteur sous plafond aurez-vous ?
- Qui fera fonctionner le dispositif pendant le salon ?
- Combien d'événements par an pourraient l'accueillir ?
Retrouvez ce projet et les autres dans nos réalisations. Pour imaginer le vôtre, prenez un rendez-vous de 30 minutes, gratuit, en visio ou au studio à Nevers.