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Synkro sort : pourquoi on a construit notre propre SaaS, et ce qu'on en a appris

Nos projets se discutaient dans un outil et se suivaient dans un autre, alors nous avons construit Synkro, ouvert aux autres entreprises en octobre. Ce qu'il nous a appris.

Un studio logiciel qui construit son propre outil de travail, c'est un peu le cordonnier qui se fabrique enfin des chaussures. Nous l'avons fait avec Synkro, un SaaS de gestion de projet construit en deux mois et ouvert aux autres entreprises ce mois-ci : chaque projet y réunit ses tâches, les discussions qui l'accompagnent et ses fichiers. Ce n'était pas un exercice de style : nous en avions besoin. Et ce projet nous a appris plus sur notre métier que bien des projets clients. Voici pourquoi nous l'avons construit, ce qu'il fait, et ce que nous en retenons pour les logiciels que nous livrons.

Le problème de départ : le projet d'un côté, les échanges de l'autre

Comme beaucoup de petites entreprises, nous avions empilé les outils : une messagerie pour discuter, un outil pour suivre les tâches, un espace pour les fichiers, et les e-mails par-dessus. Chacun fait bien son travail. Mais le projet était découpé en morceaux rangés à quatre endroits différents.

Le résultat, vous le connaissez sûrement :

  • une décision prise dans une discussion, que personne ne retrouve trois semaines plus tard ;
  • une tâche dont on ne sait plus pourquoi elle existe, ni qui l'a demandée ;
  • un fichier envoyé par messagerie, introuvable au moment où on en a besoin ;
  • et beaucoup de temps passé à recopier, chercher, redemander.

À trois personnes, on pourrait se dire que ce n'est pas grave. En réalité, c'est précisément à trois qu'on ne peut pas se permettre de perdre une demi-journée par semaine à chercher où une chose a été dite.

Ce que fait Synkro

Nous avons donc construit l'outil que nous voulions utiliser. Synkro est un logiciel de gestion de projet, pensé autour des échanges. Dans une seule application web, chaque projet réunit :

  • ses tâches et leur avancement ;
  • les discussions de l'équipe, rattachées au projet plutôt que noyées dans une messagerie générale ;
  • ses fichiers, rangés avec lui ;
  • des connexions vers les assistants IA, pour retrouver une information dans les échanges ou faire le point sur l'avancement d'un projet.

L'idée centrale est simple : un projet est l'endroit où se trouvent tout le travail et toutes les conversations qui le concernent. Quand on l'ouvre, on voit ce qui reste à faire, ce qui a été décidé, et pourquoi.

Pourquoi ne pas s'être contenté d'un outil du marché

La question est légitime, et nous la posons à chaque client qui veut un logiciel sur mesure. Il existe d'excellents outils de gestion de projet. Mais construire Synkro avait trois avantages pour nous.

Coller exactement à notre façon de travailler

Nos projets suivent toujours les mêmes étapes : conception avec maquettes, développement par versions testables toutes les deux semaines, recette, livraison. Synkro suit ce découpage, plutôt que de nous obliger à adopter celui d'un éditeur.

Garder la main sur nos données

Synkro est hébergé en France. Nous savons où sont nos données, qui y accède et comment les récupérer. Pour un studio qui parle de souveraineté à ses clients, c'était aussi une question de cohérence.

Tester sur nous-mêmes ce que nous vendons

C'est l'argument le plus important. Quand nous conseillons à un client de construire une plateforme SaaS, nous savons ce que cela implique, parce que nous en faisons tourner une au quotidien : comptes utilisateurs, droits d'accès, sauvegardes, mises à jour sans couper le service, support.

Ce que nous en avons appris

Être à la fois l'éditeur et l'utilisateur d'un logiciel change le regard. Quelques leçons que nous appliquons à tous nos projets :

  1. Le premier utilisateur doit être exigeant. Nous étions nos propres clients, et nous ne nous sommes rien pardonné. Une fonction qui fait perdre trois clics par jour finit par agacer. Sur un projet client, nous faisons tester les versions par les vraies personnes qui utiliseront l'outil, pas seulement par la direction.
  2. Commencer par le cœur, pas par la liste complète. Nous avons d'abord fait le projet et ses discussions, parce que c'est là que l'information se perdait le plus. Le reste est venu ensuite. Un logiciel utile tôt vaut mieux qu'un logiciel complet tard.
  3. Les intégrations comptent autant que les écrans. La moitié de la valeur de Synkro vient du lien entre une tâche, la discussion qui l'a fait naître et le fichier qui l'accompagne. C'est souvent ce qu'on oublie dans un cahier des charges.
  4. Un SaaS demande de l'entretien. Mises à jour de sécurité, sauvegardes, montée en charge : un logiciel en ligne vit. Nous le disons à nos clients dès le premier rendez-vous, et c'est pour cela que nous proposons une maintenance avec réponse sous 24 heures ouvrées.
  5. Penser produit dès le départ. Même construit d'abord pour nous, Synkro a été pensé dès le départ pour servir à d'autres entreprises : comptes séparés, réglages par organisation, parcours d'essai. C'est ce qui nous permet de l'ouvrir aujourd'hui sans le reconstruire. Ajouter ces fondations après coup coûte beaucoup plus cher.

Les questions à vous poser si vous êtes dans la même situation

Si vous vous reconnaissez dans ce tableau, voici les questions qui permettent d'y voir clair :

  • Où se prennent les décisions sur vos projets, et pourriez-vous les retrouver dans trois mois ?
  • Quel outil, s'il disparaissait demain, vous bloquerait vraiment ? C'est souvent par lui qu'il faut commencer.
  • Votre besoin est-il propre à votre métier, ou un outil du marché bien configuré suffirait-il ? Nous répondons parfois « gardez votre outil » à cette question.
  • Où sont vos données aujourd'hui, et pourriez-vous les récupérer facilement ?

Synkro est notre propre produit, mais la démarche est la même que pour un logiciel métier construit pour un client : partir des irritants du quotidien, livrer vite une première version utile, et remettre le code source et la documentation pour que l'outil vous appartienne. Si vous voulez en discuter, prenez un rendez-vous de 30 minutes, gratuit, en visio ou au studio à Nevers.

Vos projets se perdent-ils dans vos messageries ?

Racontez-nous comment vos équipes suivent un projet, on vous dit ce qu'on simplifierait en premier.

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