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Choose France 2026 : des centres de données IA en France, et pour vos données ?

Le sommet du 1er juin a fait la part belle aux centres de données pour l'IA. Ce que ces annonces changent, ou pas, pour l'hébergement des données d'une PME.

Le 1er juin, le neuvième sommet Choose France s'est tenu au château de Versailles. L'intelligence artificielle et les centres de données en ont été le cœur, avec des projets géants annoncés dans les Hauts-de-France et en Île-de-France. Pour une PME, la question n'est pas de savoir si ces chiffres sont impressionnants, mais si ces annonces changent quelque chose à l'endroit où partent vos données et à qui les contrôle. La réponse est plus nuancée que les gros titres.

Ce qui a été annoncé à Versailles

Selon les comptes rendus du Journal des entreprises et de l'AFP, 71 nouveaux projets d'investissement ont été présentés, pour un total que l'Élysée qualifie de record, et Emmanuel Macron a évoqué plus de 15 000 emplois attendus. Une large part concerne l'IA et ses infrastructures :

  • SoftBank prévoit trois centres de données pour l'IA d'ici 2031, d'une capacité totale de 3,1 gigawatts, à Dunkerque, Valenciennes et Amiens.
  • Brookfield renforce ses projets d'infrastructures IA en France.
  • MGX et Bpifrance cherchent un deuxième site pour une infrastructure dédiée à l'IA.
  • Ardian et sa filiale Verne prévoient un campus de calcul de 500 mégawatts en Île-de-France, dans un consortium qui associe Iliad, EDF, Orange et Scaleway.
  • Le campus IA de Fouju, en Seine-et-Marne, porté avec Mistral AI et Nvidia, est déjà en construction.

Ce sont des annonces d'intention, étalées sur plusieurs années. Une partie dépendra du raccordement électrique, des permis et de la demande réelle. Il faut les lire comme une direction, pas comme une capacité disponible demain matin.

Ce que ces centres vont faire, et pour qui

Ces sites sont dimensionnés pour l'entraînement et l'exécution de grands modèles, à l'échelle de clients comme les grands éditeurs d'IA, les opérateurs de cloud et les très grandes entreprises. Une PME n'y louera pas directement de place. Elle en profitera, le cas échéant, indirectement : par des services d'IA ou de cloud qui tourneront physiquement en France.

C'est une bonne nouvelle sur un point précis : plus de capacité de calcul sur le territoire, c'est plus de chances que des services d'IA puissent être proposés avec un hébergement en France ou en Europe. Mais un serveur situé à Dunkerque ne dit rien, à lui seul, de qui exploite le service ni du droit qui s'y applique.

« Hébergé en France » n'est pas « souverain »

C'est la confusion la plus fréquente que nous rencontrons chez nos clients. Trois questions différentes se cachent derrière le mot souveraineté :

  1. Où sont physiquement les données ? En France, en Europe, ailleurs. C'est ce que règlent les centres de données.
  2. Qui exploite le service ? Une société française ou européenne, ou la filiale d'un groupe étranger soumise aux lois de son pays d'origine. Le Cloud Act américain, par exemple, peut s'appliquer à un fournisseur américain quel que soit l'endroit où il stocke les données.
  3. Qui envoie vos données à un modèle d'IA, et lequel ? Un logiciel hébergé en France peut très bien transmettre chaque question à un modèle exécuté ailleurs.

Les annonces de Choose France répondent à la première question. Les deux autres dépendent des contrats et des choix techniques de vos fournisseurs, et c'est là que se joue l'essentiel.

Ce que nous conseillons à une PME

  • Faites l'inventaire de vos outils qui utilisent de l'IA, y compris ceux où elle est arrivée par une mise à jour : messagerie, CRM, outil de devis, suite bureautique.
  • Pour chacun, posez les trois questions ci-dessus à l'éditeur. Exigez une réponse écrite sur le lieu de traitement des données et sur les sous-traitants d'IA utilisés.
  • Classez vos usages par sensibilité. Rédiger une annonce d'emploi et analyser des dossiers clients ne demandent pas le même niveau de garantie.
  • Pour les usages les plus sensibles, envisagez l'IA chez vous. Un serveur installé dans vos locaux, avec des modèles ouverts comme Mistral, gpt-oss ou Gemma, règle les trois questions d'un coup : les données restent sur votre réseau et aucune donnée ne part chez un fournisseur d'IA.

Les campus géants et l'IA locale ne s'opposent pas. Les premiers serviront les grands modèles et les services en ligne ; la seconde répond aux besoins d'une entreprise qui veut garder la main sur ses documents. Entre les deux, la plupart des PME auront un mélange : des services en ligne pour les usages courants, un serveur maîtrisé pour ce qui ne doit pas circuler.

Ce qu'il faudra surveiller

Deux points diront si ces annonces changent la donne pour les entreprises françaises. D'abord, la part de ces capacités qui sera proposée par des acteurs européens, et pas seulement louée à des groupes étrangers. Ensuite, l'apparition d'offres d'IA hébergées et exploitées en France, à des conditions accessibles à une PME, et pas seulement aux grands comptes.

D'ici là, la souveraineté de vos données ne dépend pas d'un sommet à Versailles, mais des questions que vous posez à vos fournisseurs. C'est le sens de notre offre d'IA souveraine : hébergement en France ou chez vous, avec des modèles que l'on peut nommer. Pour faire le tri dans vos outils, un rendez-vous de 30 minutes, gratuit, suffit souvent à y voir clair.

Sources

Savez-vous où partent les données de vos outils ?

On fait avec vous l'inventaire de vos outils d'IA et de l'endroit où ils traitent vos données.

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